28 septembre 2007
INTERVIEW DE BRUNO LESTIENNE
UNE
RENCONTRE ROUBAISIENNE
Bruno
Lestienne est venu à Nice dans le cadre de la première
rencontre du Clic à oreilles, dont le thème était
« Vie de quartier ». Invité par le
Hublot, il a présenté en tant qu'habitant-permanent du
Comité de l'Hommelet (Roubaix), son vidéoblog LEBLOG2ROUBAIX, où il met en ligne des
interviews de militants associatifs, d'habitants et de responsables
de lieux culturels.
Leblog2roubaix
présente maintenant une série de petits films sur Nice
: Fred du Bar de la Machine à St Roch, des interviews de
participants au Clic à Oreilles, Nicole Enouf de la compagnie
Grain de sable, une visite du Hublot... Il y a même une
magnifique photo de la salade niçoise.
Ce
blog est vivant, Bruno conserve la spontanéité de ses
entretiens en les mettant en ligne tels quels, sans faire de montage.
Est-ce
que tu peux te présenter ?
Je
suis Bruno Lestienne et je suis de Roubaix. Mon métier c’est
« Permanent-habitant », je m’occupe d’un
comité de quartier qui est une association d’habitants,
quartier de l’Hommelet à Roubaix. Dans ce cadre, je fais un
blog sur Roubaix qui couvre des informations au-delà du
quartier. Ce sont plutôt des interviews de gens associatifs
locaux, de Roubaix et maintenant de Nice et de Grenoble aussi, parce
que je suis allé à Grenoble récemment. Voilà
l’idée : c’est de faire un vidéo blog un peu vivant
sur des thèmes comme la citoyenneté, la culture et
vraiment j’essaie de faire un blog humain.
Ce
blog découle de ton travail ? Qu’est ce que c’est un
permanent habitant ?
A
l’origine un permanent habitant, ça s’occupait des
problèmes administratifs de l’association de quartier ;
c’est quelqu’un qui habitait le quartier c’est pour ça
que c’est permanent et habitant. Alors, cette notion d’habiter le
quartier est un peu perdu ; enfin moi j’habite bien mon quartier,
donc je corresponds bien à ce profil là mais
aujourd’hui, cela n’a plus vraiment le cas puisque si tu emploies
uniquement des gens du quartier alors c’est discriminatoire. Il n’y
a que moi qui suis salarié dans l’association.
Comment
tu en es arrivé là ?
J’ai
fais des études de communication (…) et par hasard,
j’habitais une des rues de Roubaix qu’était un peu la plus
petite, ou en tout cas à l’abandon des services publics et
puis ça a commencé comme ça, on a fait le tour
des voisins, on a fait une pétition, on a fait un repas dans
la rue en disant « ben voilà Monsieur le Maire on
veut pas que notre rue soit délaissée… ».
Et puis il y a eu un poste qui s’est libéré à
l’association de quartier que je ne connaissais pas à
l’époque, j’ai postulé et j’ai été
pris. Il y a un financement public pour ce poste. Ça à
l’avantage d’exister. Ça permet de structurer un peu un
groupe de quartier, de faire réfléchir un groupe
d’habitants.
En
fait, ce sont les collectivités de Roubaix qui financent un
poste pour concerter ses habitants ?
Il
y a dans tout système des perversions. Et notamment le fait
d’être une association qui est sensée porter la parole
des habitants, donc de revendiquer, c'est vrai que quand tu es
financé tu es dans une situation où tu dois à la
fois savoir râler sans pour autant passer ta vie à râler
parce qu’après tu n'es plus crédible. Tu es obligé
de toujours gérer cela de manière à ce que tu
racontes et ce que tu fais raconter aux habitants, cela correspond
bien à la réalité et que ce n'est pas pour
pourrir la vie des élus sans arrêt. On navigue un peu
comme ça et nous notre façon de naviguer, c’est de
monter des actions ; on a vraiment pris l’option de faire des
actions de terrain. A la fois c’est peut être pour combler un
manque de concertation parce qu'on s'aperçoit que les gros projets de restructuration à plusieurs dizaine de millions d'euros, ce n'est plus vraiment concerté ; il s'agit
tellement de dossiers importants. Tu as toujours l’impression que
les urbanistes ou les techniciens ville font d’abord le boulot et
ensuite pour avoir la subvention ils veulent bien entre guillemet
concerter, ça veut dire au niveau information et non pas
coproduction. Nous ce qu’on revendique c’est la coproduction,
c'est-à-dire être à la base du truc avec les
institutions, avec les élus, avec les urbanistes et de dire
s’il faut un réaménagement de quartier. On doit être
une des chevilles au même titre que l’élu ou
l’architecte. L’habitant a son mot à dire, il est l’expert
du lieu où il vit. Et Je ne suis pas le seul à dire ça.
Et
pour revenir au blog2roubaix ?
Et
bien au début c’était un blog du comité,
simple qui retransmettait les informations et qui n’était
pas du tout interactif. C’était en 1995 jusqu’à il
y a deux ans. Cela nous servait à informer sur les actions
qu’on mettait en place avec des photos et des explications. Puis
est venu le blog interactif; c’est arrivé au moment où
la vidéo s’est démocratisée. On s’est dit,
on va pouvoir mettre de la vidéo, faire réagir des
gens sur des sujets.
Alors
pourquoi l’étendre à Roubaix ? Parce qu’il a
été créé suite à une délégation
roubaisienne qui n’était pas que des gens du quartier de
l'Hommelet en tant que tel mais qui étaient issus d'autres
quartiers de Roubaix. Alors j’ai donc appelé ça
« leblog2roubaix » au départ, un peu
naïvement. Et puis une fois que c’est créé, tu
te mets à interviewer des gens à droite à gauche
et puis voilà, ça se met à exister alors que
c’est le truc qui a vraiment était spontané et même
encore maintenant, même dans ma façon d’interviewer,
je fais le mec qui découvre car j’essaie de me mettre à
la place du spectateur qui connaît pas forcément les
associations dont je parle et qui va découvrir ça en
même temps que moi. Je ne suis pas journaliste, je suis
blogger. C’est un langage à réinventer, une écriture
à trouver y compris en vidéo et ça c’est
intéressant. Parce qu’une ville comme Roubaix est une ville
séparée, tu as les "cultureux" d'un côté, les sociaux de l'autre, les jeunes, les habitants "adultes", les sportifs, etc. Moi ça me permet d’aller voir tous ces gens là,
et de montrer différents univers à un seul spectateur.
En gros c’est ça.
Ton
regard sur Nice ?
Ce
n’est pas vraiment un regard. C’est une sensation de chaleur. Il
fait chaud. Une ville finalement c'est pas que des maisons et des
routes, c’est aussi la façon dont tu l’as perçoit
et de la façon où elle est agréable à
percevoir. J’ai été content de découvrir Nice
par le côté militant grâce à vous et ça
c'est très plaisant. Je sais que c'est une ville où il
y a de la vie.
Le
problème du tourisme c'est « on te montre la ville
telle qu'elle n'est pas finalement » et c'est assez
rigolo. Tu as d'un côté les quartiers et de l'autre côté
la zone à tourisme. On sent ici dans ce quartier de Nice (St
Roch) l'implication de la population. J'ai été à
Monaco et j'ai ressenti beaucoup plus l'artificiel.
Qu'est
ce que tu dirais à un Niçois pour qu'il vienne à
Roubaix?
Pour
le côté associatif et militant mais aussi pour les
paysages du Nord qui ne sont pas du tout dans les mêmes tons
chauds, la mer par exemple est marron. On n'a pas ce côté
méditerranéen.
Pour
ses lieux culturels créés par l'institution, on voit
qu'à Roubaix, ils mettent les moyens. Néanmoins,
certains ne sont pas assez fréquentés par les gens du
quartier.
Le
clic à oreilles?
Je
suis très fier d'y avoir participé, c'est très
valorisant pour moi et c'est vraiment un plaisir de rencontrer des
gens qui s'intéressent à Internet, aux blogs et tout
ça. Sur l'idée, je trouve cela fabuleux. J'ai vraiment
été charmé par les petites madames qui m'ont
parlé. On a l'impression que l'internaute, c'est le jeune de
20 ans et non, il y a ces petites mamies qui se sont appropriées
Internet, qui manifestement s'y connaissent. Elles m'ont déjà
mis un commentaire sur le blog et ça je ne m'y attendais pas.
Et
le fait de montrer les petites actions qu'ont fait à Roubaix à
l'autre bout de la France où il y a la mer, le soleil et la
montagne, c'est vraiment le top.
Propos recueillis par Tania Cognée
27 septembre 2007
Photos de la première rencontre

cliquez sur la photo pour voir tout l'album de la première rencontre du samedi 15/09 à la paroisse st roch
article du PATRIOTE semaine du 14/09 au 20/09/07
20 septembre 2007
Article de NICE MATIN / 15 septembre 2007
pour le lire, cliquez dessus
1ERE RENCONTRE "VIE DE QUARTIER"
Les habitants ont cliqué sur le blog zerosix300 et sur le blog2roubaix
La première sortie du Clic à oreilles
La rencontre du Clic à oreilles sur la thématique « Vie de quartier » a eu lieu samedi 15 septembre à la Paroisse saint Roch. Jeannette, une bénévole de la Paroisse a accueilli l'équipe du Hublot dès le matin pour installer la salle et l'équipement technique. La thématique présentait aux habitants et aux Comité de quartier l'intérêt d'un blog pour l'information et la communication entre habitants.
Le blog : un bon outil d'informations et de communication pour les habitants d'un quartier
Le Clic a oreilles a convaincu les habitants qu'un blog pour un quartier pouvait être un bon outil d'informations et d'échanges. « Je suis venu pour voir, j'ai vu, vous m'avez convaincu, c'est un excellent moyen de communication entre les habitants à condition que le blog soit connu par un maximum de personnes » nous écrit Claude sur l'une des feuilles d'or qui circulait dans la salle afin que les participants laissent des petits mots.
Un outil où tout le monde peut s'exprimer
Le blog http://zerosix300.over-blog.com permet aux habitants de participer à l'amélioration de ce blog. Proposer un thème, ajouter une annonce, une information, une nouveauté dans le quartier, une opinion sur un sujet, un poème, est possible via le wiki collaboratif présenté dans la page d'accueil « Exprimez-vous librement, cliquez ici ». Il suffit de cliquer, d'éditer, d'écrire et d'enregistrer pour que le texte soit ensuite en ligne directement.
Depuis la rencontre du Clic à oreilles, le blog zerosix300 a 12 abonnés (l'internaute peut s'inscrire à la newsletter et recevoir un message dans sa boîte email quand un nouvel article paraît dans le blog). Des habitants ont écrit sur le wiki : un commentaire sur la fête de la musique à St Roch, un autre pour présenter une ballade agréable du quartier, encore un autre sur la place St Roch.
Les citoyens n'ont pas forcément le temps d'aller à des réunions de quartier s'informer, alors ils peuvent à tout moment aller sur l'adresse du blog et se tenir informé. C'est aussi cela participer à son quartier.
Une autre surprise : http://le blog2roubaix.com
Bruno Lestienne a été invité par le Hublot pour présenter son expérience en tant qu'habitant permanent du Comité de l'Hommelet, un quartier de Roubaix dans le cadre du Clic à oreilles.
Il a présenté les actions du Comité : visites de quartier, concertations avec les habitants sur de futurs aménagements. Le blog initial du quartier a évolué en un vidéo blog. Bruno réalise des interviews à l'aide de sa caméra puis les met directement en ligne sans montage. Ainsi, il a déjà mis en ligne un tas de reportages suite à la rencontre du Clic à oreilles et de sa visite à Nice : habitants, militants associatifs, compagnie de théâtre, patron de la Machine, bar typique de st Roch.
Tania Cognée pour le Clic à oreilles





